Quels sont les quatre types de prévention ? La prévention primaire agit avant la maladie, la secondaire la dépiste tôt, la tertiaire en limite les complications et la quaternaire protège des soins inutiles. Ce glossaire définit ces notions et seize autres termes du bilan de prévention et de la santé personnalisée, par ordre alphabétique.
ACI (accord conventionnel interprofessionnel)
L’accord conventionnel interprofessionnel (ACI) est le contrat national signé le 20 juin 2019 entre l’Assurance Maladie et les syndicats des professions de santé pour financer les communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS). Il fixe quatre missions socles, dont la prévention, et deux missions optionnelles, avec un financement en deux volets : le fonctionnement de la CPTS et chaque mission engagée, en part fixe et part variable selon les résultats. Deux avenants (2020 et 2021) l’ont complété, le second ajoutant la mission de réponse aux crises sanitaires. Localement, l’ACI prend la forme d’un contrat entre la CPTS, la CPAM et l’ARS. Nous détaillons ses missions et son financement dans notre guide CPTS et mission prévention.
Âge métabolique
L’âge métabolique est une estimation de l’âge « biologique » d’une personne calculée à partir de son profil métabolomique sanguin, puis comparée à son âge civil. Un écart positif signale un profil métabolique plus proche de celui de personnes plus âgées ; un écart négatif, l’inverse. Des travaux sur de grandes cohortes, dont l’indicateur MileAge publié en 2026 dans Alzheimer’s & Dementia, étudient son lien avec le risque de maladies liées au vieillissement. Il ne s’agit pas d’un diagnostic ni d’une prédiction individuelle, et il ne faut pas le confondre avec l’« âge métabolique » affiché par certaines balances, dérivé d’une estimation du métabolisme de base. Notre article sur l’âge métabolique explique ce qu’il mesure et ce qu’il ne mesure pas.
Autoquestionnaire
L’autoquestionnaire est le questionnaire que le patient remplit lui-même avant Mon bilan prévention, pour repérer ses facteurs de risque et préparer l’entretien. Il existe une version officielle par tranche d’âge (18-25, 45-50, 60-65 et 70-75 ans), disponible en PDF sur ameli.fr ou à remplir en ligne dans Mon espace santé. Les questions portent sur les habitudes de vie (alimentation, activité physique, tabac, alcool, sommeil), la santé mentale, la santé sexuelle, les vaccinations, les dépistages et, selon l’âge, la ménopause, l’audition, la vision ou les chutes. Le professionnel s’appuie sur les réponses pour prioriser un ou deux sujets avec le patient. Notre article sur le questionnaire du bilan de prévention le décrit âge par âge.
Biomarqueur
Un biomarqueur est une caractéristique biologique mesurable de façon objective qui renseigne sur un état ou un processus de l’organisme : fonctionnement normal, maladie débutante ou réponse à un traitement. La glycémie, le cholestérol LDL, la pression artérielle ou la protéine C-réactive en sont des exemples quotidiens en médecine générale. Un biomarqueur isolé n’est jamais un diagnostic : il s’interprète avec l’âge, le sexe, les antécédents et les autres mesures. Les approches dites « omiques », comme la métabolomique, en quantifient plusieurs centaines simultanément sur un même prélèvement, ce qui permet de construire des scores de risque plus riches que les bilans classiques. Notre article sur les biomarqueurs sanguins explique lesquels comptent et pourquoi.
Centre d’examens de santé (CES)
Un centre d’examens de santé (CES) est une structure de l’Assurance Maladie qui réalise l’examen de prévention en santé (EPS). Il en existe « une centaine », réparties en métropole et en Guadeloupe. On s’y rend sur invitation, sur demande auprès de sa caisse (CPAM, MSA) ou en contactant directement le centre. L’examen y dure environ deux heures, à jeun, et associe questionnaire médical, analyses (sang, urine), tests auditif et cardiorespiratoire selon le profil, puis consultation médicale et information sur les droits et le parcours de soins. Les CES accueillent en priorité les personnes éloignées du système de santé. Notre article sur le bilan de santé gratuit de l’Assurance Maladie détaille l’accès et le contenu.
CPTS (communauté professionnelle territoriale de santé)
Une CPTS est un regroupement volontaire de professionnels de santé d’un même territoire (médecins, pharmaciens, infirmiers, sages-femmes, kinésithérapeutes, structures de soins et acteurs médico-sociaux) qui s’organisent pour coordonner leurs actions et structurer les parcours des patients. Prévue par l’article L1434-12 du Code de la santé publique, elle formalise un projet de santé transmis à l’ARS et prend généralement la forme d’une association. Son financement repose sur l’ACI, avec quatre missions socles : accès aux soins, parcours pluriprofessionnels, actions territoriales de prévention et réponse aux crises sanitaires. La mission prévention en fait un acteur naturel du déploiement de Mon bilan prévention. Voir notre guide CPTS et mission prévention.
Dépistage organisé
Un dépistage organisé est un programme national qui invite systématiquement une population définie par l’âge à réaliser un test de détection précoce, avant tout symptôme. En France, trois programmes existent pour les cancers, pilotés par l’Institut national du cancer : le cancer du sein (femmes de 50 à 74 ans, mammographie tous les deux ans), le cancer colorectal (femmes et hommes de 50 à 74 ans, test immunologique à réaliser chez soi) et le cancer du col de l’utérus (femmes de 25 à 65 ans, examen cytologique puis test HPV). Ils s’adressent aux personnes sans symptôme ni antécédent particulier ; en cas de risque élevé, un suivi individuel remplace le programme. Le dépistage relève de la prévention secondaire. Notre article sur le bilan de prévention à 45-50 ans explique comment le bilan y prépare.
Entretien motivationnel
L’entretien motivationnel est une méthode d’entretien centrée sur la personne, développée dans les années 1980 par les psychologues William Miller et Stephen Rollnick, qui vise à renforcer la motivation propre d’une personne à changer un comportement (tabac, alcool, sédentarité, alimentation). Plutôt que de convaincre, le professionnel explore l’ambivalence, écoute les raisons du patient et l’aide à formuler ses propres objectifs. C’est l’une des compétences proposées dans les modules volontaires de formation à Mon bilan prévention de l’EHESP, avec les « interventions brèves ». Il est particulièrement utile au moment de la rédaction du plan personnalisé de prévention, où le choix des priorités appartient au patient. Voir notre article sur le plan personnalisé de prévention.
Examen de prévention en santé (EPS)
L’examen de prévention en santé (EPS), ancien « bilan de santé gratuit » de la Sécurité sociale, est un examen d’environ deux heures réalisé dans un centre d’examens de santé de l’Assurance Maladie, pris en charge à 100 % sans avance de frais. Il s’adresse aux assurés de 16 ans et plus et à leurs ayants droit, en priorité aux personnes éloignées du système de santé. Il comprend un questionnaire médical, des examens adaptés au profil (prélèvement sanguin, analyse d’urine, tests auditif et cardiorespiratoire) et une consultation médicale. Il se distingue de Mon bilan prévention, entretien de 30 à 45 minutes en proximité ; les deux sont cumulables. Notre article sur le bilan de santé gratuit compare les deux dispositifs.
HDS (hébergement de données de santé)
HDS désigne la certification française des hébergeurs de données de santé, prévue par l’article L1111-8 du Code de la santé publique et encadrée par le décret n° 2018-137 du 26 février 2018. Tout organisme qui héberge des données de santé à caractère personnel pour le compte d’un professionnel ou d’un établissement doit être certifié par un organisme accrédité par le COFRAC ; le certificat est délivré pour trois ans avec des audits annuels. Deux périmètres existent : l’hébergement d’infrastructure physique et l’infogérance. Pour un patient ou une entreprise, la certification HDS du prestataire est un critère de base, qui ne remplace pas les obligations du RGPD (information, consentement, droits). Notre page sécurité et données décrit l’hébergement des données Sokrate.
Médecin traitant
Le médecin traitant est le médecin, le plus souvent généraliste, que chaque assuré déclare à l’Assurance Maladie pour coordonner son parcours de soins. Il assure le suivi régulier, tient le dossier médical, oriente vers les spécialistes et établit le protocole de soins en cas d’affection de longue durée. Consulter hors de ce parcours entraîne un remboursement moins favorable, sauf exceptions (gynécologue, ophtalmologiste, psychiatre, urgence). En prévention, il est le destinataire du plan personnalisé de prévention et de la fiche de repérage des risques après Mon bilan prévention, sauf opposition du patient, quel que soit le professionnel qui a réalisé le bilan. Notre article sur le bilan de prévention réalisé par le médecin précise son rôle.
Métabolomique
La métabolomique est l’étude à grande échelle des petites molécules issues du métabolisme (lipides, acides aminés, sucres, marqueurs d’inflammation) présentes dans un échantillon biologique, le plus souvent le sang. Une seule analyse quantifie simultanément des centaines de molécules : le panel utilisé dans la cohorte UK Biobank, par exemple, mesure 249 biomarqueurs métaboliques (Julkunen et al., 2023). Des études montrent que ces profils améliorent l’estimation du risque de plusieurs maladies à dix ans par rapport aux facteurs classiques seuls. La métabolomique reste un outil d’estimation du risque et de suivi, pas un examen diagnostique. Notre article sur la métabolomique par RMN explique la méthode et ses limites.
Mon bilan prévention
Mon bilan prévention est le rendez-vous de prévention de l’Assurance Maladie, « un temps d’échange dédié à la prévention en santé », proposé une fois par personne à quatre âges clés : 18-25 ans, 45-50 ans, 60-65 ans et 70-75 ans. Il dure 30 à 45 minutes, est pris en charge à 100 % sans avance de frais et peut être réalisé par un médecin, une sage-femme, un infirmier ou un pharmacien. Il se déroule en trois temps : autoquestionnaire rempli en amont, choix d’un ou deux sujets prioritaires, rédaction d’un plan personnalisé de prévention transmis au médecin traitant sauf opposition. Son cadre est fixé par l’arrêté du 28 mai 2024. Notre guide de référence sur le bilan de prévention répond aux questions pratiques.
MR-004 (méthodologie de référence de la CNIL)
La MR-004 est une méthodologie de référence de la CNIL, adoptée par la délibération n° 2018-155 du 3 mai 2018, qui encadre les traitements de données personnelles à des fins de recherche, d’étude ou d’évaluation dans le domaine de la santé n’impliquant pas la personne humaine, notamment la réutilisation de données déjà collectées. Un organisme qui s’y conforme n’a pas à demander d’autorisation au cas par cas, à condition de respecter ses exigences : information individuelle des personnes, droit d’opposition, engagement de conformité auprès de la CNIL, inscription de chaque projet au répertoire public tenu par le Health Data Hub, exclusion de certaines données comme le NIR. Notre page sécurité et données précise comment Sokrate applique ce cadre.
Plan personnalisé de prévention (PPP)
Le plan personnalisé de prévention (PPP) est le document écrit qui conclut Mon bilan prévention : il formalise, pour un ou deux sujets prioritaires choisis avec le patient, des objectifs concrets et les actions pour les atteindre (rendez-vous de dépistage, vaccination, changement d’habitude, orientation vers un professionnel ou une ressource locale). Il est rédigé par le professionnel qui réalise le bilan, à partir de l’autoquestionnaire et de l’entretien, sur un modèle officiel adapté à chaque tranche d’âge. Avec la fiche d’aide au repérage des risques, il est transmis au médecin traitant sauf opposition du patient, pour assurer le suivi. Notre article sur le plan personnalisé de prévention en donne des exemples par âge.
Prévention quaternaire
La prévention quaternaire est l’ensemble des actions qui protègent une personne des soins inutiles ou excessifs : surdiagnostic, surtraitement, examens sans bénéfice attendu. Le concept a été proposé en 1986 par le médecin généraliste belge Marc Jamoulle et intégré en 1999 au dictionnaire international de la WONCA, qui la définit comme l’action d’identifier un patient exposé à la surmédicalisation, de le protéger de nouvelles interventions médicales et de lui proposer des alternatives éthiquement acceptables. Elle rappelle qu’un bilan ou un dépistage a aussi des inconvénients possibles (faux positifs, anxiété, examens en cascade) et qu’un bon plan de prévention sait aussi ne pas prescrire. Voir Les quatre types de prévention.
Les quatre types de prévention
Selon l’Organisation mondiale de la santé, la prévention est l’ensemble des mesures visant à éviter ou réduire le nombre et la gravité des maladies, des accidents et des handicaps. On distingue quatre types. La prévention primaire agit avant l’apparition de la maladie : vaccination, alimentation, activité physique, arrêt du tabac. La prévention secondaire cherche à repérer une maladie à un stade précoce, avant ou au tout début des symptômes : c’est le domaine du dépistage. La prévention tertiaire limite les complications, les récidives et le handicap d’une maladie installée : éducation thérapeutique, réadaptation. La prévention quaternaire protège des interventions médicales inutiles (voir Prévention quaternaire). Mon bilan prévention relève surtout des deux premières ; le dépistage organisé illustre la secondaire.
Risque à 10 ans
Le risque à 10 ans est la probabilité, estimée par un score validé, qu’une personne présente un événement de santé donné dans les dix prochaines années. En cardiologie, SCORE2 estime ainsi le risque d’infarctus ou d’accident vasculaire cérébral, fatal ou non, chez les 40 à 69 ans, et SCORE2-OP chez les 70 à 89 ans. Ce chiffre s’exprime en pourcentage et se compare à des seuils qui dépendent de l’âge ; il oriente l’intensité de la prévention (hygiène de vie seule, traitement du cholestérol ou de la pression artérielle) sans constituer un diagnostic. Il s’agit d’une estimation populationnelle appliquée à un individu : deux personnes au même score n’auront pas la même histoire. Notre article sur le risque cardiovasculaire à 10 ans explique comment le lire.
RMN (résonance magnétique nucléaire)
La résonance magnétique nucléaire (RMN) est un phénomène physique : placés dans un champ magnétique puissant, certains noyaux atomiques (l’hydrogène notamment) absorbent puis réémettent une onde radio à une fréquence caractéristique de leur environnement chimique. En imagerie, elle donne l’IRM ; en biologie, la spectroscopie RMN permet d’identifier et de quantifier simultanément des centaines de molécules dans un échantillon de sang, sans réactif spécifique et de façon très reproductible. C’est la technologie utilisée par la métabolomique de grandes cohortes comme UK Biobank pour mesurer lipoprotéines, acides gras, acides aminés et marqueurs d’inflammation en une seule analyse. Notre article sur la métabolomique par RMN détaille le fonctionnement et les biomarqueurs mesurés.
SCORE2
SCORE2 est l’algorithme de la Société européenne de cardiologie (ESC), publié en 2021 dans l’European Heart Journal, qui estime le risque à dix ans d’événement cardiovasculaire fatal ou non fatal chez les personnes de 40 à 69 ans sans maladie cardiovasculaire connue ni diabète. Il utilise l’âge, le sexe, le tabagisme, la pression artérielle systolique et le cholestérol (total et HDL, dont on déduit le non-HDL), et se décline selon quatre régions de risque en Europe ; la France se situe en région à bas risque. SCORE2-OP le prolonge chez les 70 à 89 ans. Il repose sur une poignée de variables : la métabolomique en ajoute des dizaines, ce qui fait l’objet de recherches actives. Notre article sur le risque cardiovasculaire à 10 ans montre comment l’interpréter.
À retenir
- Quatre types de prévention : primaire (éviter), secondaire (dépister), tertiaire (limiter les complications), quaternaire (ne pas surmédicaliser).
- Mon bilan prévention (30 à 45 minutes, quatre âges clés, quatre professions) et l’examen de prévention en santé (deux heures en centre) sont tous deux pris en charge à 100 % et cumulables.
- Le plan personnalisé de prévention est transmis au médecin traitant sauf opposition du patient.
- Biomarqueurs, métabolomique, SCORE2 et âge métabolique estiment des risques ; aucun ne pose un diagnostic.
- HDS et MR-004 sont les deux repères réglementaires français pour l’hébergement et la réutilisation des données de santé.
Ce que Sokrate vous permet de faire
Le service Sokrate prépare Mon bilan prévention en ligne : un questionnaire adaptatif rempli chez soi, un plan personnalisé de prévention signé par un médecin et transmis au médecin traitant sauf opposition, un suivi par une infirmière de coordination. Les données sont hébergées chez un hébergeur certifié HDS en France. Pour commencer, répondez au questionnaire ; pour comprendre le dispositif officiel, lisez notre guide sur le bilan de prévention.