Le plan personnalisé de prévention (PPP) est le document que le patient et le professionnel de santé rédigent ensemble à la fin du bilan de prévention. Sur une page : un ou deux objectifs prioritaires, les freins, des actions concrètes, les ressources à mobiliser et le suivi. Il est transmis au médecin traitant, sauf opposition du patient.

Qu’est-ce qu’un plan personnalisé de prévention (PPP) ?

Le plan personnalisé de prévention (PPP) est le document, rédigé ensemble par la personne et le professionnel de santé à la fin du bilan de prévention, qui fixe un ou deux objectifs de prévention prioritaires et la manière concrète de les atteindre. C’est la troisième et dernière étape de « Mon bilan prévention », après le repérage des risques par l’autoquestionnaire et la priorisation conjointe d’un ou deux sujets.

Le PPP n’est ni une ordonnance ni un compte rendu médical. Il ne liste pas tout ce qu’il faudrait faire ; il choisit. Un bon plan tient sur une page, se relit en deux minutes, et vous dit ce que vous allez faire la semaine prochaine, avec qui, et quand vous en reparlerez. Des modèles officiels de PPP par tranche d’âge figurent parmi les outils téléchargeables du dispositif, notamment sur le site du ministère de la Santé, et sont relayés par le Cespharm ; le professionnel peut aussi utiliser un support équivalent.

Une précision de vocabulaire, parce que la confusion est fréquente dans les recherches en ligne : le « plan de prévention » du Code du travail, parfois abrégé PDP, est un document obligatoire entre une entreprise utilisatrice et une entreprise extérieure pour certains travaux. Il n’a rien à voir avec le PPP du bilan de prévention, qui n’est jamais obligatoire : c’est un outil proposé dans le cadre d’un rendez-vous pris en charge à 100 % par l’Assurance Maladie, et qui n’a de sens que si vous y adhérez. Le cadre général est décrit dans le bilan de prévention expliqué.

Quelles sont les rubriques du plan personnalisé de prévention ?

Le plan personnalisé de prévention s’organise autour de cinq rubriques : les priorités, les freins, les actions concrètes, les ressources et intervenants, et les modalités de suivi. Les modèles officiels présentent les quatre premières côte à côte, complétées par le suivi.

RubriqueQuestion à laquelle elle répondCe qu’on y écritCe qu’on évite
Mes priorités en santéSur quoi ai-je envie d’agir maintenant ?Un ou deux objectifs, formulés par la personne, réalistesUne liste de dix sujets, des objectifs imposés
Mes freinsQu’est-ce qui m’a empêché jusqu’ici ?Ce que la personne identifie : temps, douleur, peur, coût, solitude, habitudeDes jugements (« manque de volonté »)
Actions concrètesQu’est-ce que je fais, quand, comment ?Des gestes datés et mesurables, à la portée de la personneDes intentions vagues (« bouger plus », « manger mieux »)
Ressources et intervenantsQui ou quoi peut m’aider ?Médecin traitant, pharmacien, infirmier, association, service local, ligne d’écoute, applicationDes ressources théoriques que la personne n’utilisera pas
Modalités de suiviComment et quand en reparle-t-on ?Un rendez-vous ou un appel daté, avec le professionnel du bilan ou le médecin traitantUn plan sans suite

Deux rubriques font la différence en pratique. Les freins, parce qu’un plan qui ignore ce qui a bloqué jusqu’ici échouera au même endroit. Le suivi, parce qu’une décision sans rendez-vous est un souhait.

Qui rédige le PPP ?

Le PPP est co-rédigé par la personne et le professionnel de santé qui réalise le bilan : médecin, infirmier, pharmacien ou sage-femme. La co-rédaction n’est pas une formule : les priorités et les freins sont écrits avec les mots de la personne, les actions sont négociées, et le document est remis à la personne à la fin du rendez-vous.

Le rôle du professionnel est d’apporter la compétence médicale et la méthode : traduire un repérage de risques en propositions, proposer des actions dont l’efficacité est établie, orienter vers les bonnes ressources, et poser les questions qui font émerger les freins. Beaucoup s’appuient sur les techniques de l’entretien motivationnel, qui font l’objet de modules de formation volontaires proposés par l’EHESP aux professionnels du dispositif ; aucune formation complémentaire n’est toutefois obligatoire pour réaliser le bilan.

Le rôle de la personne est décisif : c’est elle qui choisit ce qu’elle est prête à changer. Un objectif médicalement prioritaire mais refusé n’est pas un bon objectif de PPP ; il pourra revenir au bilan suivant ou en consultation avec le médecin traitant. Ce dernier, s’il n’est pas l’auteur du bilan, en est le destinataire : le plan lui est transmis sauf opposition de la personne, ce qui lui permet de le reprendre lors des consultations habituelles. La page le bilan de prévention pour les médecins détaille le rôle de chaque professionnel.

Comment rédiger un plan de prévention utile ?

Pour rédiger un plan personnalisé de prévention qui serve vraiment, nous appliquons cinq règles simples, valables quel que soit l’âge et le professionnel.

  1. Une ou deux priorités, pas plus. Le dispositif le prévoit ainsi, et notre expérience le confirme : au-delà de deux objectifs, rien n’est fait. Choisissez de préférence un sujet où la personne est déjà en mouvement.
  2. Des objectifs formulés par la personne. « Je veux pouvoir monter mes trois étages sans m’arrêter » vaut mieux que « améliorer la capacité cardiorespiratoire ». On reconnaît un bon objectif à ce que la personne peut le répéter sans lire.
  3. Des freins nommés sans jugement. Manque de temps, douleur, peur du résultat, coût, solitude, découragement passé : les écrire, c’est déjà les traiter à moitié, parce que chaque frein appelle une ressource.
  4. Des actions datées, mesurables et modestes. « Marcher 20 minutes le mardi et le jeudi après le déjeuner avec ma voisine » se fait ; « bouger plus » ne se fait pas. Une première action doit être réalisable dans la semaine qui suit.
  5. Un suivi inscrit avec une date. Appel, message, consultation : peu importe la forme, mais la date figure sur le plan. C’est la rubrique la plus souvent laissée vide, et la plus déterminante.

Nous ajoutons une sixième règle, moins évidente : un plan doit aussi dire ce que la personne fait déjà bien. Partir d’un acquis change le ton de tout le document.

Que devient le PPP après le bilan ?

À la fin du bilan, la personne repart avec son plan personnalisé de prévention, et le document est transmis à son médecin traitant, sauf opposition de sa part, avec la fiche d’aide au repérage des risques. La transmission se fait par messagerie sécurisée de santé, par dépôt dans Mon espace santé, ou par la personne elle-même.

Le PPP n’a pas de « durée de validité » au sens d’une ordonnance : il vit jusqu’à ce que ses objectifs soient atteints ou reformulés, le plus souvent lors du suivi prévu ou d’une consultation chez le médecin traitant, et au plus tard lors du bilan de la tranche d’âge suivante. Un seul bilan est pris en charge par tranche d’âge, mais le plan peut être revu à tout moment avec votre médecin traitant.

Concrètement, nous conseillons de le garder à un endroit visible (réfrigérateur, agenda, téléphone), de le photographier, et de l’apporter à la prochaine consultation, quelle qu’en soit la raison.

Exemples de plan personnalisé de prévention par âge

Voici trois exemples illustratifs, volontairement courts, qui montrent comment la même structure s’adapte à 18-25, 60-65 et 70-75 ans. Les situations sont fictives.

Plan personnalisé de prévention à 18-25 ans

RubriqueExemple : étudiante de 21 ans, sommeil dégradé, pas de médecin traitant
Priorités1. Retrouver un sommeil régulier. 2. Déclarer un médecin traitant et vérifier mes vaccins.
FreinsÉcrans tard le soir, horaires de cours irréguliers, anxiété avant les examens ; ne sait pas comment trouver un médecin.
ActionsHeure de coucher fixe cinq soirs sur sept, téléphone hors de la chambre ; rendez-vous au service de santé étudiante ce mois-ci ; carnet de vaccination récupéré auprès des parents.
RessourcesService de santé universitaire ; annuaire sante.fr pour un médecin traitant ; ligne d’écoute étudiante si l’anxiété persiste.
SuiviMessage de l’infirmier à 6 semaines ; consultation avec le futur médecin traitant à 3 mois.

Plan personnalisé de prévention à 60-65 ans

RubriqueExemple : homme de 63 ans, fumeur depuis 40 ans, jeune retraité
Priorités1. Arrêter de fumer. 2. Faire le dépistage colorectal jamais réalisé.
FreinsPeur de grossir, tentatives échouées, ennui depuis la retraite ; test colorectal jugé « dégoûtant ».
ActionsConsultation d’aide au sevrage avec substituts nicotiniques ; date d’arrêt fixée ; kit de dépistage récupéré cette semaine ; deux marches longues par semaine avec un ancien collègue.
RessourcesMédecin traitant ou tabacologue ; Tabac info service ; pharmacien pour les substituts.
SuiviAppel à 1 mois autour de la date d’arrêt ; consultation à 3 mois avec le médecin traitant, résultat du test en main.

Plan personnalisé de prévention à 70-75 ans

RubriqueExemple : femme de 74 ans, vit seule, deux chutes dans l’année
Priorités1. Ne plus tomber. 2. Sortir de chez moi au moins trois fois par semaine.
FreinsPeur de tomber dehors, somnifère ancien, cataracte non opérée, pas de voiture.
ActionsRevue des médicaments avec le pharmacien puis le médecin traitant ; rendez-vous ophtalmologique pris ; inscription à l’atelier équilibre de la commune, transport organisé avec la mairie.
RessourcesPharmacien ; médecin traitant ; ophtalmologiste ; centre communal d’action sociale ; fille pour le premier atelier.
SuiviAppel à 1 mois ; consultation à 3 mois avec le poids, la liste des médicaments ajustée et la date d’opération.

Les articles par âge développent ces situations : le bilan de prévention à 45-50 ans, à 60-65 ans et à 70-75 ans.

Comment faire vivre son plan personnalisé de prévention ?

Un plan personnalisé de prévention se fait vivre par trois choses : une première action dans la semaine, un suivi à date fixe, et une révision honnête quand une action ne fonctionne pas. Le plan n’est pas un contrat moral ; c’est un outil de pilotage, qui a le droit d’être modifié.

En pratique :

  • Commencez par la plus petite action, celle qui ne dépend que de vous et se fait cette semaine. Une réussite précoce tire le reste.
  • Utilisez les ressources inscrites. Le pharmacien, l’infirmier, l’association ont été notés pour être sollicités ; les appeler fait partie du plan.
  • Notez ce qui se passe, même en une ligne : la marche faite ou non, le poids, les cigarettes. Le suivi à 3 mois s’appuie dessus.
  • Quand ça bloque, changez l’action, pas l’objectif. Si la marche du soir ne se fait pas, essayez le matin ; si l’atelier est trop loin, cherchez-en un autre. Le frein est une information, pas un échec.
  • Reparlez-en avec votre médecin traitant, qui a reçu le plan et peut l’intégrer à votre suivi habituel, entre deux bilans.

Le questionnaire du bilan de prévention de la tranche d’âge suivante sera l’occasion de mesurer le chemin parcouru.

À retenir

  • Le plan personnalisé de prévention (PPP) est le document co-rédigé par la personne et le professionnel de santé à la fin du bilan de prévention.
  • Il comporte les priorités (une ou deux), les freins, les actions concrètes, les ressources et intervenants, et les modalités de suivi.
  • Il est transmis au médecin traitant sauf opposition, par messagerie sécurisée, Mon espace santé ou par la personne.
  • Il n’est jamais obligatoire et ne doit pas être confondu avec le « plan de prévention » du Code du travail.
  • Un bon plan tient sur une page, commence par une action réalisable cette semaine et porte une date de suivi.

Ce que Sokrate vous permet de faire

Le service Sokrate propose un questionnaire de préparation en ligne qui structure vos facteurs de risque, vos priorités et vos freins avant la consultation, afin que le plan personnalisé se rédige plus vite et plus précisément. Le plan est signé par un médecin, un courrier est adressé à votre médecin traitant sauf opposition, et une infirmière de coordination assure le suivi dans la durée. Vous pouvez préparer votre plan personnalisé de prévention dès maintenant.