La santé sexuelle fait partie des thèmes du bilan de prévention à tout âge : dépistage des infections sexuellement transmissibles (IST), désormais possible en laboratoire sans ordonnance avec Mon test IST, contraception prise en charge sans avance de frais avant 26 ans, vaccination HPV possible jusqu’à 26 ans, et questions que l’on n’ose pas poser ailleurs. Le bilan repère, informe et oriente.
Pourquoi la santé sexuelle fait-elle partie du bilan de prévention ?
Parce que les IST sont fréquentes et souvent silencieuses, parce qu’une contraception mal adaptée se subit en silence, et parce que la sexualité reste l’un des sujets les moins abordés en consultation ordinaire. « Mon bilan prévention », le rendez-vous pris en charge à 100 % par l’Assurance Maladie aux quatre âges clés, inscrit explicitement la santé sexuelle parmi ses thèmes, aux côtés du sommeil, de la santé mentale ou de la vaccination. Nous en décrivons le cadre dans notre page de référence sur le bilan de prévention.
Le bilan n’est ni une consultation gynécologique ni un dépistage : c’est un temps d’échange de 30 à 45 minutes, sans examen, à partir d’un autoquestionnaire. Son intérêt est de faire émerger une question — « dois-je me faire dépister ? », « ma contraception me convient-elle ? », « suis-je vacciné contre le HPV ? » — et de désigner la bonne porte d’entrée : médecin traitant, sage-femme, gynécologue, laboratoire, centre de dépistage. La sage-femme, qui peut réaliser le bilan, prescrire une contraception, prescrire des dépistages et vacciner, est ici une interlocutrice de premier plan.
Quels dépistages des IST sont recommandés, et à quel rythme ?
Les recommandations de la Haute Autorité de santé (HAS) distinguent un dépistage pour tous, au moins une fois dans la vie pour le VIH, et des dépistages réguliers pour les personnes exposées. L’Assurance Maladie recommande par ailleurs un dépistage à chaque nouveau partenaire, après un rapport non ou mal protégé, en cas de partenaires multiples, avant d’arrêter le préservatif dans un couple et en cas de projet de grossesse.
| Infection | Recommandation | Émetteur et date |
|---|---|---|
| VIH | Proposer un test au moins une fois dans la vie à toute personne de 15 à 70 ans ; tous les 3 mois pour les hommes ayant des rapports avec des hommes multipartenaires ; chaque année pour les usagers de drogues injectables et les personnes multipartenaires originaires d’Afrique subsaharienne ou des Caraïbes | HAS, mars 2017 |
| Chlamydia | Dépistage systématique des femmes sexuellement actives de 15 à 25 ans inclus, répété chaque année en cas de nouveau partenaire ; dépistage ciblé des hommes et des femmes de plus de 25 ans ayant des facteurs de risque | HAS, octobre 2018 |
| Gonocoque, syphilis, hépatite B | Dépistage en cas de prise de risque, de nouveau partenaire, de partenaires multiples ou de symptômes ; inclus dans Mon test IST | Assurance Maladie |
| Cancer du col de l’utérus (lié au HPV) | Dépistage organisé de 25 à 65 ans : examen cytologique à 25 et 26 ans puis 3 ans plus tard, puis test HPV tous les 5 ans de 30 à 65 ans | Institut national du cancer |
La chlamydia illustre pourquoi le dépistage compte : d’après la HAS, 60 à 70 % des jeunes femmes infectées n’ont aucun symptôme et ignorent qu’elles l’ont été, alors que l’infection peut altérer la fertilité. C’est l’un des dépistages que nous évoquons systématiquement lors du bilan de prévention à 18-25 ans.
Comment fonctionne Mon test IST ?
Mon test IST est le dispositif qui permet, depuis le 1er septembre 2024, de se faire dépister en laboratoire de biologie médicale sans ordonnance et sans rendez-vous pour cinq infections : VIH, hépatite B, syphilis, gonocoque et chlamydia. Le VIH était déjà accessible sans ordonnance en laboratoire depuis 2022 ; les quatre autres s’y sont ajoutées.
| Mon test IST | Moins de 26 ans | 26 ans et plus |
|---|---|---|
| Où | Tout laboratoire de biologie médicale, sans ordonnance ni rendez-vous | Idem |
| Infections | VIH, hépatite B, syphilis, gonocoque, chlamydia | Idem |
| Prise en charge | 100 % par l’Assurance Maladie, sans avance de frais | VIH : 100 % ; les 4 autres IST : 60 % par l’Assurance Maladie, 40 % par la complémentaire |
| Kit à domicile (chlamydia et gonocoque) | Femmes de 18 à 25 ans inclus depuis le 1er juillet 2025 ; hommes de 18 à 25 ans inclus depuis le 29 mai 2026 ; commande sur mon-test-ist.ameli.fr, envoi sous enveloppe neutre, pris en charge à 100 % | Non disponible |
Pour celles et ceux qui préfèrent l’anonymat, les centres gratuits d’information, de dépistage et de diagnostic (CeGIDD) proposent un dépistage gratuit et confidentiel du VIH et des autres IST. Des autotests VIH sont également vendus en pharmacie. En cas de résultat positif, le laboratoire ou le centre oriente vers une consultation : un traitement existe pour chacune de ces infections, et un dépistage précoce protège aussi les partenaires.
Quelle contraception, et comment est-elle prise en charge ?
La contraception se choisit avec un professionnel — médecin, sage-femme, ou pharmacien pour le renouvellement — en fonction de votre vie, de votre santé et de vos préférences ; aucune méthode n’est « la meilleure » pour tout le monde. Ce que le bilan repère, c’est une contraception subie, oubliée, mal tolérée ou absente alors qu’une grossesse n’est pas souhaitée.
| Prise en charge de la contraception | Moins de 26 ans | 26 ans et plus |
|---|---|---|
| Consultations de prescription et de suivi (médecin, sage-femme) | Sans avance de frais, depuis janvier 2022, pour toutes les femmes de moins de 26 ans | Remboursement habituel des consultations |
| Contraceptifs remboursables (pilules de 1re et 2e génération, implant, dispositif intra-utérin, diaphragme, progestatif injectable) | 100 %, sans avance de frais | 65 % par l’Assurance Maladie |
| Examens de biologie liés à la contraception | Sans avance de frais | Remboursement habituel |
| Préservatifs masculins et féminins de certaines marques | 100 % en pharmacie, sans ordonnance, depuis le 1er janvier 2023 | 60 % sur prescription d’un médecin ou d’une sage-femme |
| Contraception d’urgence hormonale | Gratuite en pharmacie, sans ordonnance ni avance de frais, pour toutes les femmes sans condition d’âge, depuis le 1er janvier 2023 | Idem |
Deux points pratiques. Les infirmiers peuvent renouveler une prescription de contraception et les pharmaciens délivrer la pilule dans ce cadre, ce qui évite les ruptures. Et la contraception d’urgence, désormais gratuite pour toutes, doit être prise le plus tôt possible après le rapport : le pharmacien la délivre de façon confidentielle et vérifie qu’elle est adaptée à votre situation.
Le bilan est aussi le moment d’évoquer la contraception masculine, le désir ou non d’enfant et, après 45 ans, la contraception en périménopause, sujets que nous abordons dans le bilan de prévention à 45-50 ans.
Vaccination HPV : pour qui et jusqu’à quel âge ?
La vaccination contre les papillomavirus humains (HPV) est recommandée pour les filles et les garçons de 11 à 14 ans, avec deux doses à cinq mois d’intervalle, et s’applique aux garçons depuis le 1er janvier 2021. Un rattrapage est possible de 15 à 26 ans révolus, pour les jeunes femmes comme pour les jeunes hommes, avec trois doses ; il a été élargi jusqu’à 26 ans le 19 décembre 2025, selon Vaccination Info Service. Le vaccin est pris en charge à 65 % par l’Assurance Maladie, et à 100 % en milieu scolaire ou pour les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire.
Le HPV est en cause dans le cancer du col de l’utérus, mais aussi dans des cancers de l’anus, de la gorge, de la vulve, du vagin et du pénis, ainsi que dans les verrues génitales : c’est pourquoi la recommandation concerne les deux sexes. Vaccinée ou non, une femme doit poursuivre le dépistage organisé du cancer du col de 25 à 65 ans, car le vaccin ne couvre pas tous les types de virus. Le bilan de prévention à 18-25 ans est l’occasion idéale de vérifier ce point du carnet de vaccination, avec les autres rappels que nous détaillons dans notre page sur la vaccination de l’adulte.
Que change la santé sexuelle après 25 ans, à 45 ou à 60 ans ?
Rien ne s’arrête à 26 ans, sinon certaines gratuités. Les IST concernent tous les âges — les diagnostics chez les plus de 50 ans progressent avec les nouvelles rencontres après une séparation ou un veuvage — et le réflexe du dépistage à chaque nouveau partenaire vaut à 55 ans comme à 20.
Chez la femme, la périménopause et la ménopause modifient la sexualité : sécheresse, douleurs, baisse du désir, troubles du sommeil et de l’humeur associés. Ce sont des motifs de consultation légitimes, avec des solutions à discuter avec le médecin, la sage-femme ou le gynécologue. Chez l’homme, des troubles de l’érection qui apparaissent peuvent être le premier signe d’un problème vasculaire ou métabolique, et méritent d’être signalés au médecin traitant plutôt que tus ; c’est l’une des raisons pour lesquelles ce sujet a sa place dans le bilan de prévention à 60-65 ans.
Enfin, la santé sexuelle inclut le consentement, les violences et la qualité des relations. Le bilan de prévention est un espace où ces sujets peuvent être posés, en confiance et sous le secret médical, et où le professionnel connaît les ressources vers lesquelles orienter, y compris en matière de santé mentale.
Comment le bilan de prévention aborde-t-il ces sujets concrètement ?
En trois étapes, comme pour les autres thèmes : l’autoquestionnaire rempli avant le rendez-vous fait remonter les points utiles (contraception, dernier dépistage, vaccination, questions), le professionnel les reprend avec vous, puis vous choisissez ensemble si la santé sexuelle fait partie des une ou deux priorités inscrites dans votre plan personnalisé de prévention. L’action peut être très concrète : un passage au laboratoire pour Mon test IST d’ici un mois, une consultation avec une sage-femme pour revoir la contraception, un rattrapage HPV, la date du prochain dépistage du col.
Tout ce qui se dit est couvert par le secret médical. Le plan est transmis à votre médecin traitant sauf opposition de votre part, et vous pouvez demander que certains éléments n’y figurent pas. Pour savoir ce que contient l’autoquestionnaire du bilan de prévention et comment le préparer, nous l’avons détaillé rubrique par rubrique.
À retenir
- La santé sexuelle est un thème officiel du bilan de prévention, à 18-25 ans comme aux âges suivants ; le bilan repère et oriente, il ne dépiste pas lui-même.
- Mon test IST : dépistage de 5 IST en laboratoire sans ordonnance depuis le 1er septembre 2024, à 100 % avant 26 ans ; kit à domicile pour les 18-25 ans.
- HAS : test VIH au moins une fois dans la vie entre 15 et 70 ans ; dépistage de la chlamydia chez toutes les femmes sexuellement actives de 15 à 25 ans.
- Contraception sans avance de frais avant 26 ans, contraception d’urgence gratuite pour toutes, préservatifs pris en charge en pharmacie avant 26 ans.
- Vaccination HPV : 11-14 ans, rattrapage jusqu’à 26 ans révolus depuis le 19 décembre 2025 ; le dépistage du col reste nécessaire de 25 à 65 ans.
Ce que Sokrate vous permet de faire
Le service Sokrate propose de préparer votre bilan de prévention en ligne : un questionnaire adaptatif couvrant neuf dimensions de santé, dont la santé sexuelle, la contraception et la vaccination, puis un plan personnalisé rédigé et signé par un médecin, transmis à votre médecin traitant sauf opposition de votre part. Une infirmière de coordination assure le suivi et peut vous aider à trouver un laboratoire, une sage-femme ou un centre de dépistage. Le bilan reste pris en charge à 100 % par l’Assurance Maladie lorsqu’il est réalisé par un professionnel habilité. Pour être prévenu de l’ouverture du service, inscrivez-vous sur la liste d’attente.