Entre 60 et 65 ans, l’Assurance Maladie propose « Mon bilan prévention » : un entretien de 30 à 45 minutes avec un professionnel de santé, pris en charge à 100 %, sans avance de frais. Sans prise de sang, on fait le point sur dépistages, vaccins, cœur, os et mode de vie, puis on rédige ensemble un plan personnalisé de prévention.
Qu’est-ce que le bilan de prévention pour les 60-65 ans ?
Le bilan de prévention à 60 ans est le troisième des quatre rendez-vous de prévention créés par l’Assurance Maladie aux âges clés (18-25, 45-50, 60-65 et 70-75 ans inclus). Vous pouvez en bénéficier une fois entre 60 et 65 ans inclus. Il est pris en charge à 100 %, sans avance de frais et sans aucun dépassement possible.
Nous le déroulons en trois étapes, celles du dispositif officiel :
- Le repérage des risques : vous remplissez avant le rendez-vous l’autoquestionnaire des 60-65 ans (en ligne dans Mon espace santé ou en PDF), que nous reprenons ensemble.
- La priorisation : nous choisissons avec vous un ou deux sujets sur lesquels agir dans les mois qui viennent, pas dix.
- Le plan personnalisé de prévention (PPP) : écrit ensemble, remis à vous, transmis à votre médecin traitant sauf opposition.
Le rendez-vous peut être réalisé par un médecin, un infirmier, un pharmacien ou une sage-femme. Les masseurs-kinésithérapeutes sont annoncés « à compter d’octobre 2026 » par l’ARS Centre-Val de Loire. Pour le programmer, voir comment prendre rendez-vous pour un bilan de prévention ; pour le cadre général, le bilan de prévention expliqué.
Qu’est-ce qui change à 60 ans ?
Rien ne bascule le jour de vos 60 ans. Ce qui change, c’est la convergence de l’effet cumulé de quarante ans d’habitudes de vie, de modifications du corps devenues perceptibles et d’une transition majeure, la retraite.
Sur le plan du corps :
- une masse musculaire et une force qui diminuent si on ne les entretient pas, avec un effet direct sur l’équilibre ;
- une fragilité osseuse silencieuse, surtout chez les femmes après la ménopause ;
- une audition et une vision qui baissent (presbyacousie, presbytie, début de cataracte) et que l’on compense sans s’en rendre compte ;
- un risque cardiovasculaire où l’âge pèse désormais lourd, même avec une tension et un cholestérol corrects ;
- des dépistages de cancers qui se poursuivent (côlon, sein) tandis qu’un autre s’achève (col de l’utérus, à 65 ans).
Sur le plan de la vie, la retraite modifie le rythme, le réseau social, parfois les revenus et le sentiment d’utilité. D’où un rendez-vous placé à 60-65 ans : agir avant les difficultés du grand âge. L’étape suivante, le bilan de prévention à 70-75 ans, s’attache davantage aux chutes, à la dénutrition et à la mémoire.
Quel bilan biologique à 60 ans ?
Le bilan de prévention à 60 ans ne comprend pas de prise de sang : c’est un entretien. Il n’existe pas de « bilan biologique standard des 60 ans » : les analyses sont prescrites individuellement par votre médecin traitant selon vos facteurs de risque, vos antécédents et vos traitements.
Ce que nous regardons habituellement à cet âge :
- une glycémie à jeun chez l’adulte de plus de 45 ans présentant au moins un facteur de risque de diabète de type 2 (recommandation HAS) ;
- un bilan lipidique (cholestérol total, HDL, LDL, triglycérides) s’il n’est pas récent, pour calculer le risque cardiovasculaire ;
- la fonction rénale et la numération sanguine selon les traitements en cours et les symptômes.
Le tableau ci-dessous résume les trois démarches que l’on confond souvent.
| Démarche | Ce que c’est | Prise de sang ? | Durée | Coût pour vous |
|---|---|---|---|---|
| Mon bilan prévention 60-65 ans | Entretien de prévention avec un professionnel de proximité, autoquestionnaire puis plan personnalisé | Non (orientation possible) | 30 à 45 min | Pris en charge à 100 %, sans avance de frais |
| Examen de prévention en santé (centre d’examens de santé) | Examen en centre de l’Assurance Maladie avec, selon le profil, analyses sanguines et urinaires, tests auditif et cardiorespiratoire, consultation | Oui, selon le profil, à jeun | Environ 2 h | Pris en charge à 100 %, sans avance de frais |
| Bilan sanguin prescrit par le médecin traitant | Analyses ciblées sur vos facteurs de risque | Oui | Quelques minutes au laboratoire | Remboursé selon les règles habituelles |
Pour un examen avec analyses, voir bilan de santé gratuit : l’examen de prévention en santé ; les deux dispositifs sont cumulables.
Quels dépistages des cancers poursuivre entre 60 et 65 ans ?
À 60-65 ans, les dépistages organisés du cancer colorectal et du cancer du sein continuent, et le dépistage du cancer du col de l’utérus arrive à son terme. Le bilan de prévention est le moment de vérifier que vous êtes à jour.
| Dépistage organisé | Qui | Rythme | Statut à 60-65 ans |
|---|---|---|---|
| Cancer colorectal | Femmes et hommes de 50 à 74 ans | Test immunologique tous les 2 ans | Se poursuit |
| Cancer du sein | Femmes de 50 à 74 ans | Mammographie tous les 2 ans | Se poursuit |
| Cancer du col de l’utérus | Femmes de 25 à 65 ans | Test HPV tous les 5 ans de 30 à 65 ans | Dernier test vers 65 ans |
Le test colorectal est celui que nous voyons le plus souvent oublié : il se fait chez soi, et le kit est remis par le médecin ou le pharmacien. Pour le cancer de la prostate, il n’existe pas de dépistage organisé en France ; la décision d’un dosage du PSA se prend au cas par cas, après information sur ses bénéfices et ses limites.
Comment évaluer son risque cardiovasculaire à 60 ans ?
Le risque cardiovasculaire à 60-65 ans s’estime avec le score SCORE2, publié en 2021 par la Société européenne de cardiologie pour les 40-69 ans. Il calcule la probabilité d’un événement cardiovasculaire, fatal ou non, dans les dix ans à venir, à partir de cinq données : l’âge, le sexe, le tabagisme, la pression artérielle systolique et le cholestérol non-HDL. La France est classée en région à bas risque, ce qui entre dans le calcul.
Pendant le bilan, nous vérifions que vous disposez d’une mesure récente de la tension et d’un bilan lipidique, nous reparlons du tabac, et nous situons votre risque. À cet âge, l’âge lui-même fait monter le score : c’est pourquoi les facteurs modifiables (tabac, tension, cholestérol, activité physique, poids) comptent autant. Nous expliquons le fonctionnement du score et ses limites dans le risque cardiovasculaire à 10 ans et SCORE2.
Le score estime un risque, il ne prédit pas votre avenir ; il sert à décider avec votre médecin traitant de l’intensité de la prévention.
Quels vaccins sont recommandés à 60-65 ans ?
À 60-65 ans, le bilan de prévention sert à remettre le carnet de vaccination à jour : rappel diphtérie-tétanos-poliomyélite, entrée dans la vaccination annuelle contre la grippe à 65 ans, et vaccinations contre le zona et le pneumocoque selon le calendrier des vaccinations en vigueur, publié chaque année par le ministère de la Santé.
| Vaccination | Repère à 60-65 ans |
|---|---|
| Diphtérie-tétanos-poliomyélite (dTP) | Rappel prévu à 65 ans, puis à intervalles réguliers |
| Grippe saisonnière | Recommandée chaque année à partir de 65 ans, plus tôt en cas de maladie chronique |
| Zona | Recommandée à partir d’un certain âge, avec un vaccin recombinant |
| Pneumocoque | Recommandée selon l’âge et les facteurs de risque |
| Coqueluche | Rappel discuté chez les futurs grands-parents (protection du nourrisson) |
Apportez votre carnet de vaccination ou ouvrez la rubrique vaccination de Mon espace santé : c’est la partie du bilan la plus rapide à régler.
Ostéoporose, audition, vision, activité physique : les autres sujets du bilan
Le bilan de prévention à 60 ans aborde aussi des sujets pour lesquels on ne consulte presque jamais spontanément : os, oreilles, yeux, mouvement, retraite. Point commun : quand on attend le symptôme, une partie du dommage est faite.
Ostéoporose : qui doit y penser ?
L’ostéoporose est une fragilité de l’os qui ne fait pas mal jusqu’à la fracture. Nous y pensons surtout chez la femme après la ménopause, en cas de fracture antérieure survenue pour un traumatisme minime, de corticothérapie prolongée, de ménopause précoce, de faible poids, de tabagisme ou d’antécédent familial de fracture du col du fémur. Dans ces situations, une ostéodensitométrie (mesure de la densité de l’os) peut être proposée ; elle est remboursée sous conditions. La prévention passe par l’activité physique en charge, des apports suffisants en calcium et en vitamine D, et l’arrêt du tabac.
Audition : pourquoi ne pas attendre
La baisse auditive liée à l’âge s’installe lentement et fait d’abord perdre les conversations en groupe. Une audition non corrigée est associée, dans plusieurs études, à l’isolement et à un déclin cognitif plus rapide. Le bilan est le moment de poser la question, d’orienter vers un audiogramme et de rappeler que des aides auditives sont accessibles sans reste à charge dans le cadre du « 100 % Santé ».
Vision : presbytie, cataracte, glaucome
Après 60 ans, la presbytie est acquise, la cataracte commence chez beaucoup, et le glaucome, qui ne donne aucun symptôme au début, se dépiste par la mesure de la pression de l’œil et l’examen du nerf optique. Nous recommandons un examen ophtalmologique régulier, dont la fréquence dépend de vos facteurs de risque.
Activité physique : le levier le plus rentable
L’activité physique protège à la fois le cœur, les os, l’équilibre, le sommeil, l’humeur et la mémoire. Les repères internationaux pour les adultes combinent une activité d’endurance modérée régulière et du renforcement musculaire au moins deux fois par semaine, avec des exercices d’équilibre à partir de 65 ans. Nous partons de ce que vous faites déjà, marche comprise, et cherchons l’étape suivante, pas l’idéal.
Retraite et isolement : pourquoi en parler
Le passage à la retraite est une transition de santé, pas seulement administrative : il modifie le rythme des journées, le réseau de relations, parfois le sommeil et la consommation d’alcool, et peut révéler un isolement masqué par le travail. Le dispositif cite explicitement l’isolement et le vieillissement parmi ses thèmes. Nous posons des questions simples : à qui parlez-vous dans la semaine, qu’avez-vous prévu de votre temps, qui vous aiderait en cas de problème.
À quoi ressemble un plan personnalisé de prévention à 60-65 ans ?
Le plan personnalisé de prévention (PPP) est le document rédigé ensemble en fin de bilan : un ou deux objectifs, vos freins, des actions concrètes, des ressources et un suivi. Exemple illustratif pour une personne de 62 ans qui vient de prendre sa retraite.
| Rubrique | Exemple |
|---|---|
| Mes priorités | 1. Faire le test de dépistage colorectal jamais réalisé. 2. Retrouver une activité physique régulière. |
| Mes freins | Dégoût du test, peur du résultat ; genou douloureux, peu de motivation seul. |
| Actions concrètes | Kit de dépistage récupéré cette semaine ; marche de 30 minutes trois fois par semaine avec un voisin ; inscription à une activité de gymnastique douce à la rentrée. |
| Ressources et intervenants | Pharmacien ; médecin traitant pour le genou et le bilan lipidique ; association sportive de la commune. |
| Modalités de suivi | Point téléphonique à 3 mois ; nouvelle consultation à 6 mois avec le médecin traitant ; vaccins mis à jour à la prochaine visite. |
Le PPP est transmis à votre médecin traitant sauf opposition, par messagerie sécurisée, via Mon espace santé ou par vos soins. Rubriques et autres exemples dans le plan personnalisé de prévention expliqué.
À retenir
- Le bilan de prévention à 60-65 ans est un entretien de 30 à 45 minutes, une fois dans la tranche d’âge, pris en charge à 100 % par l’Assurance Maladie, sans avance de frais.
- Ce n’est pas une prise de sang : les analyses restent prescrites individuellement par le médecin traitant selon vos facteurs de risque.
- Les dépistages colorectal et du sein se poursuivent ; le carnet de vaccination se met à jour (dTP, grippe, zona, pneumocoque selon le calendrier en vigueur).
- Ostéoporose, audition, vision et activité physique sont les sujets silencieux à aborder avant les symptômes.
- Vous repartez avec un plan personnalisé de prévention, transmis à votre médecin traitant sauf opposition.
Ce que Sokrate vous permet de faire
Le service Sokrate propose un questionnaire de préparation en ligne qui reprend les thèmes du bilan (dépistages, vaccins, cœur, mode de vie), pour arriver en consultation avec un dossier structuré. Le plan personnalisé est signé par un médecin, un courrier est adressé à votre médecin traitant sauf opposition, et une infirmière de coordination assure le suivi. Vous pouvez préparer votre bilan de prévention à 60 ans dès maintenant.