À 18-25 ans, on se sent rarement concerné par la prévention. Pourtant c’est l’âge où se fixent les habitudes — sommeil, écrans, alcool, tabac, activité physique — qui pèseront sur la santé des décennies suivantes, et celui où l’on quitte le suivi pédiatrique sans toujours avoir de médecin traitant. Le bilan de prévention 18-25 ans est un entretien de 30 à 45 minutes, pris en charge à 100 % par l’Assurance Maladie, pour faire le point sans jugement et repartir avec un ou deux objectifs choisis par vous.

Qu’est-ce que le bilan de prévention 18-25 ans ?

Le bilan de prévention 18-25 ans est un temps d’échange dédié à la prévention, réalisable une seule fois entre 18 et 25 ans inclus chez un médecin, un infirmier, un pharmacien ou une sage-femme. Il dure 30 à 45 minutes, ne comporte aucun examen ni prise de sang, et se conclut par un plan personnalisé de prévention. Il est pris en charge à 100 % par l’Assurance Maladie, sans avance de frais : vous présentez simplement votre carte Vitale.

Il n’est pas obligatoire : vous choisissez si vous le faites, quand dans la tranche d’âge, et avec qui. Il fait partie du dispositif « Mon bilan prévention », créé par l’arrêté du 28 mai 2024 et proposé à quatre moments de la vie ; nous en présentons le cadre complet dans notre page de référence sur le bilan de prévention.

Pourquoi faire un bilan de prévention si jeune ?

Parce que les principaux risques de santé entre 18 et 25 ans ne se voient pas dans une prise de sang : ils tiennent au sommeil, au moral, aux consommations, à la sexualité et aux vaccins oubliés. Et parce que c’est l’âge où l’on sort du système de soins de l’enfance sans y être remplacé par un suivi d’adulte.

En consultation, nous voyons souvent de jeunes adultes que nous n’avons pas revus depuis le lycée : ils viennent pour une angine ou un certificat, et l’on découvre un sommeil chaotique, une anxiété qui dure, une contraception mal adaptée ou un carnet de vaccination perdu. Le bilan donne un cadre pour en parler sans prétexte ni urgence.

Raison plus simple encore : les habitudes prises à 20 ans sont les plus faciles à changer. Un tabagisme de trois ans se quitte plus aisément qu’un tabagisme de trente ans, et un médecin traitant trouvé à 22 ans vous suit ensuite pendant des années.

Quels sujets aborde le bilan de prévention à 18-25 ans ?

Le bilan de prévention 18-25 ans aborde la santé mentale et le bien-être, les addictions, la santé sexuelle et la contraception, les vaccinations, le sommeil, l’alimentation, l’activité physique et l’entrée dans le parcours de soins avec un médecin traitant. L’autoquestionnaire officiel de cette tranche d’âge fait remonter ces thèmes ; vous ne les traiterez pas tous en 45 minutes, et c’est voulu.

La santé mentale et le bien-être

Stress des études ou du premier emploi, solitude après un déménagement, anxiété, humeur en berne : ce sont les premiers sujets qui ressortent des questionnaires. Le bilan n’a pas vocation à poser un diagnostic ; il permet de nommer ce qui pèse, de repérer les signaux qui méritent un avis (troubles du sommeil persistants, isolement, idées noires) et d’orienter vers les bons interlocuteurs : médecin traitant, psychologue, services de santé étudiante, dispositifs d’accompagnement psychologique pris en charge.

Les addictions : tabac, alcool, cannabis, écrans

Nous en parlons sans morale, avec des faits. Où en êtes-vous du tabac, y compris de la cigarette électronique ? Comment se répartit l’alcool dans votre semaine — un verre par jour ou six le samedi ? Le cannabis fait-il partie du quotidien ? Et les écrans : à quelle heure s’éteint le dernier ? Les repères de consommation d’alcool de Santé publique France aident à situer les choses. Si vous souhaitez réduire ou arrêter, le professionnel vous indique les aides existantes ; si vous ne le souhaitez pas, personne ne vous forcera.

La santé sexuelle et la contraception

Contraception adaptée à votre vie, protection contre les infections sexuellement transmissibles, consentement, douleurs ou questions que l’on n’ose pas poser : la sage-femme est ici une interlocutrice privilégiée, mais tous les professionnels du bilan peuvent aborder le sujet. Le bilan est aussi le moment de faire le point sur le dépistage des infections sexuellement transmissibles et les dispositifs qui le facilitent avant 26 ans. Pour les femmes, le dépistage organisé du cancer du col de l’utérus commence à 25 ans, avec deux examens cytologiques à un an d’intervalle puis un troisième trois ans plus tard, selon l’Institut national du cancer.

Les vaccinations et les rattrapages

Le carnet de santé est souvent resté chez les parents, et la dernière injection date du collège. Le bilan permet de vérifier ce qui manque. Deux points reviennent sans cesse à cet âge : le rappel diphtérie-tétanos-poliomyélite-coqueluche prévu chez le jeune adulte et la vaccination contre les papillomavirus humains (HPV), recommandée entre 11 et 14 ans, avec un rattrapage possible chez les jeunes femmes et les jeunes hommes jusqu’à 26 ans inclus. D’autres vaccins se discutent selon votre situation (voyages, études de santé, méningocoques), toujours selon le calendrier des vaccinations en vigueur.

Le sommeil

Couchers tardifs, réveils variables, écrans dans le lit, café pour compenser : le sommeil est souvent le premier sacrifié à cet âge, et le premier responsable de la fatigue et des difficultés de concentration. Le bilan sert à regarder honnêtement votre semaine type et à choisir un levier concret — une heure de coucher, un écran éteint plus tôt.

L’alimentation et l’activité physique

Premier logement, budget serré, repas sautés ou pris sur le pouce : nous ne cherchons pas la perfection, mais les habitudes qui tiennent dans votre vie réelle. Pour l’activité physique, le repère de l’Organisation mondiale de la santé chez l’adulte est d’au moins 150 à 300 minutes d’activité modérée par semaine ; la question utile est surtout de savoir si vous bougez encore depuis l’arrêt du sport scolaire.

Avoir un médecin traitant

Beaucoup de jeunes adultes n’en ont pas, parce qu’ils ont quitté le médecin de l’enfance en déménageant ou n’en ont jamais eu besoin. C’est un thème à part entière du bilan : le professionnel vous explique à quoi sert la déclaration de médecin traitant, comment la faire, et peut vous aider à trouver un médecin qui accepte de nouveaux patients.

Comment se déroule le bilan de prévention 18-25 ans ?

Le bilan de prévention 18-25 ans se déroule en trois étapes sur 30 à 45 minutes : le repérage de vos risques à partir de l’autoquestionnaire, le choix conjoint d’un ou deux sujets prioritaires, puis la rédaction du plan personnalisé de prévention. Il ne nécessite aucune préparation médicale.

Avant le rendez-vous, remplissez si possible l’autoquestionnaire 18-25 ans dans Mon espace santé ou en PDF depuis ameli.fr — nous l’avons décrypté dans notre page sur le questionnaire du bilan de prévention. Apportez votre carte Vitale et, si vous le retrouvez, votre carnet de vaccination ; à défaut, le professionnel vous dira comment reconstituer votre historique.

Pendant le rendez-vous, le professionnel parcourt vos réponses, pose quelques questions complémentaires et dégage deux ou trois points saillants. Puis vous choisissez ensemble sur quoi agir en premier — et c’est bien vous qui choisissez : un objectif modeste que vous avez retenu sera tenu, un objectif imposé ne le sera pas.

Le rendez-vous se termine par la rédaction du plan personnalisé de prévention (PPP), que vous emportez ; il est transmis à votre médecin traitant si vous en avez un et ne vous y opposez pas, et peut être déposé dans Mon espace santé.

Un exemple de plan personnalisé de prévention à 22 ans

Le plan personnalisé de prévention est un document d’une page qui consigne vos priorités, ce qui vous freine, les actions décidées et les personnes qui peuvent vous aider. Voici un exemple fictif, à titre d’illustration.

Situation (fictive) : Sami, 22 ans, étudiant en deuxième année, vit seul depuis un an. Se couche entre 1 h et 3 h du matin, réveils irréguliers, écran jusqu’au coucher. Anxiété marquée en période d’examens, sommeil encore plus dégradé à ce moment-là. Pas de médecin traitant depuis le déménagement. Carnet de vaccination introuvable. Fume occasionnellement en soirée.

Rubrique du planCe que nous écririons
Mes priorités1. Retrouver un rythme de sommeil régulier. 2. Avoir un médecin traitant et remettre mes vaccins à jour.
Ce qui me freineTravail tard le soir, séries en fin de soirée, peur d’être « mal vu » en allant chez un médecin pour rien.
Ce que je décide de faireÉcran éteint à 23 h 30 en semaine et coucher avant minuit pendant quatre semaines, avec un réveil à heure fixe ; noter mon sommeil sur mon téléphone ; prendre rendez-vous d’ici deux semaines avec le médecin généraliste repéré près du campus pour déclarer un médecin traitant.
Ce que je programmeLors de ce rendez-vous : reconstituer mon historique vaccinal et faire les rattrapages nécessaires ; parler de l’anxiété d’examen et voir si un accompagnement psychologique est utile ; faire un point sur le tabac en soirée.
Qui peut m’aiderMédecin traitant ; service de santé étudiante de l’université ; pharmacien pour les questions de vaccination ; ressources repérées sur la cartographie de Santé.fr.

Ce que cet exemple montre : deux priorités seulement, une échéance courte, et le médecin traitant comme point de passage pour tout ce qui relève du soin. Le sommeil et l’anxiété sont liés ; agir sur le premier aide le second. Nous détaillons la logique de ce document dans notre page sur le plan personnalisé de prévention.

Le bilan de prévention 18-25 ans est-il obligatoire, et qui est informé ?

Non, le bilan de prévention 18-25 ans n’est pas obligatoire, et ce qui s’y dit relève du secret médical. À partir de 18 ans, vous êtes majeur : ni vos parents, ni votre établissement, ni votre employeur n’en sont informés. Le plan personnalisé est transmis à votre médecin traitant, sauf opposition de votre part, et à personne d’autre.

Vous pouvez le faire à 18 ans comme à 25 ans, à condition de ne pas l’avoir déjà fait dans cette tranche. Si vous le manquez, la prochaine occasion prise en charge est le bilan de prévention à 45-50 ans ; d’ici là, le suivi passe par votre médecin traitant. Si vous préparez votre bilan en ligne, notre page sécurité et données décrit comment vos réponses sont protégées.

À retenir

  • Le bilan de prévention 18-25 ans est un entretien de 30 à 45 minutes, pris en charge à 100 % par l’Assurance Maladie, possible une seule fois entre 18 et 25 ans inclus.
  • Il ne comporte ni examen ni prise de sang : il part de l’autoquestionnaire et aboutit à un ou deux objectifs choisis par vous.
  • Les sujets phares à cet âge sont le sommeil, la santé mentale, les consommations, la santé sexuelle et la contraception, les vaccins à rattraper et le choix d’un médecin traitant.
  • Il n’est pas obligatoire, et ce qui s’y dit est couvert par le secret médical.
  • Médecin, infirmier, pharmacien ou sage-femme : vous choisissez le professionnel.

Ce que Sokrate vous permet de faire

Sokrate propose de préparer votre bilan de prévention en ligne, depuis votre téléphone : un questionnaire adaptatif couvrant neuf dimensions de santé, dont le sommeil, la santé mentale et les consommations, puis un plan personnalisé rédigé et signé par un médecin, transmis à votre médecin traitant sauf opposition de votre part. Une infirmière de coordination assure le suivi. Le bilan reste pris en charge à 100 % par l’Assurance Maladie lorsqu’il est réalisé par un professionnel habilité. Pour être prévenu de l’ouverture du service, inscrivez-vous sur la liste d’attente.